Les Voix Célestes – Volume 2

Les Voix Célestes – volume 2 -, est le deuxième disque de la collection L’harmonium français, destinée à faire redécouvrir la musique de Salon du Second Empire. Le programme enregistré ici se présente comme un récital où de célèbres chefs d’œuvres de la musique alternent avec des pièces moins connues mais tout aussi belles. https://franceharmoniumeditions.com/wp-content/uploads/2025/02/Resignation-Quatuor-dAlexandre-Batta.mp3…

15,00 

Catégorie:

Description

Les Voix Célestes – volume 2 -, est le deuxième disque de la collection L’harmonium français, destinée à faire redécouvrir la musique de Salon du Second Empire. Le programme enregistré ici se présente comme un récital où de célèbres chefs d’œuvres de la musique alternent avec des pièces moins connues mais tout aussi belles.

extrait sonore: Résignation (Alexandre Batta) – quatuor piano, harmonium, violon et violoncelle

Un instrument est tout particulièrement attaché à cette période et à ce style : c’est l’harmonium ou orgue-expressif appelé même par certains « la voix céleste » du Second Empire.

Au risque d’en surprendre certain, l’harmonium est tout sauf un instrument d’église. Il fut inventé par le français Alexandre Debain qui en déposa le brevet en 1842. A l’origine, il fut conçu comme un instrument de salon et a triomphé dans la musique de chambre de la deuxième moitié du 19ème siècle en faisant les plus belles heures des salons musicaux les plus huppés du Second Empire. Il y est devenu alors le remplaçant attitré de l’orchestre. Courageusement, notre instrument a assumé son rôle et avec sa « petite caisse », avec ses « petites anches » et avec seulement les deux mains et les deux pieds d’un harmoniumiste chevronné, il s’est vu confier de nombreuses réductions d’orchestre et d’importantes parties en solo. Que de notes pour notre pauvre instrument ! Mais à l’époque, il n’avait pas l’étiquette qui lui colle à la peau encore aujourd’hui, loin d’être pauvre, il était riche, riche par ses qualités expressives, par sa musique et par les compositeurs éminents qui s’étaient penchés sur son berceau alors qu’il venait tout juste de naître. Lorsqu’il dialogue avec d’autres instruments ou avec les voix, il devient tout de suite merveilleux, irremplaçable, tant ses sonorités sont belles et ses harmonies sont pleines. Ce répertoire de musique d’ensemble est son répertoire, celui pour lequel il a été inventé et dans lequel il a excellé.

Puis, il est rentré à l’église et ce pour plusieurs raisons : du fait de sa petite taille, de son prix bien inférieur à celui d’un grand-orgue et de par ses possibilités à produire des sons tenus adaptés à l’accompagnement du chant, il s’est vu rapidement désigné comme le petit frère du grand orgue et a remplacé celui-ci dans de nombreuses paroisses n’ayant pas les moyens ou la place d’accueillir son grand frère. Le problème est que sa conception est très différente de celle d’un orgue et qu’il n’en est pas le frère mais plutôt un cousin très éloigné. De plus, grâce à son clavier transpositeur, il permettait de transposer automatiquement un cantique dans n’importe quel ton et si l’on ajoute à tout cela, le fait qu’il n’avait pas besoin d’être accordé, il devenait presque l’instrument idéal. Cependant, il y fut souvent mal joué par des musiciens qui n’avaient pas les capacités techniques suffisantes pour le mettre en valeur. Cela le desservi énormément et lui donna une image négative.

L’harmonium est un instrument à vent. Ce dernier est produit par des soufflets actionnés par les pieds de l’harmoniumiste. Ce vent met en mouvement les anches, fines languettes de laiton battu, qui sont ainsi l’organe essentiel de l’instrument. En fonction de l’importance de l’harmonium, les anches peuvent se compter par centaines. Toutes ces languettes de laiton peuvent avoir des tailles, des longueurs et des épaisseurs différentes donnant ainsi à chacune un son différent apte à imiter tel ou tel instrument ou telle ou telle sonorité. Par parler clairement, l’harmonium est en quelque sorte le synthétiseur du 19ème siècle. Le musicien dispose de ce fait d’une palette sonore étendue et variée et peut donc orchestrer à sa guise telle ou telle pièce pour en faire ressortir un trait ou bien pour lui donner une couleur particulière.

Mais le plus important est sa capacité à pouvoir émettre un son plus ou moins fort sans en modifier la tonalité, ce que l’on appelle l’expression : ce qui le rend vivant. Telle la voix du chanteur, tel le souffle du trompettiste, tel le frappé d’un pianiste, telle la force du coup d’archet du violoniste, l’harmoniumiste, en pédalant plus ou moins fort ou plus ou moins vite, peut modifier le son de son instrument. Cette qualité essentielle de l’harmonium le différencie de l’orgue et lui vaut même d’être désigné sous le nom « d’orgue expressif ».

Vous découvrirez sur ce disque trois harmoniums aux caractéristiques extrêmement différentes. Tout d’abord, un harmonium d’art Mustel de 7 jeux qui est le prototype le plus abouti de l’instrument de salon par excellence. Ensuite, vous pourrez entendre dans l’Hymne à la Vierge de Lefébure-Wély, un instrument rare : l’harmonicorde d’Alexandre Debain. L’originalité de l’harmonicorde est qu’il regroupe dans le même instrument un harmonium complet et un piano unicorde. Les deux instruments pouvant être joués ensemble sur le même clavier. On entendra donc à la fois les sons frappés du piano et les sons tenus de l’harmonium. Enfin, François Dupoux improvisera sur un harmonium monumental à 2 claviers et pédalier d’Alexandre Debain dans lequel ce dernier a souhaité réalisé un harmonium « hors normes » destiné à imiter l’orgue.

Alors laissons-nous transporter dans un salon du Second Empire et écoutons l’harmonium dans son répertoire de prédilection. Il sera ainsi mis en valeur et dialoguera parfaitement avec les voix, le violon, le violoncelle et le piano. A cette condition, nous allons le redécouvrir et nous ne pourrons plus l’oublier.